L'association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA) organise un colloque le 19 juin à l'espace conférence des diaconesses sur le thème :
« Violences envers les femmes : le NON des femmes handicapées »
Interview de la présidente de l'association, Maudy PIOT
« Nous avons organisé ce colloque « Violences envers les femmes : le NON des femmes handicapées », d'une part, parce que la grande cause nationale cette année est la violence envers les femmes. Et ce qui m'a stupéfié c'est que personne n'aborde le thème des femmes handicapées.
D'abord, j'ai voulu faire partie du collectif sur les violences faites aux femmes puis on a décidé de réaliser ce colloque.
D'autre part, s'il y a une femme sur dix qui subit de la violence, c'est une femme sur trois pour les femmes handicapées. Elles subissent de réelles violences verbales, psychologiques ou physiques, mais très souvent elles ne peuvent pas s'exprimer. Il n'existe pas de structures pour les prendre en charge. Par exemple, il n'y a pas de centres d'hébergement pour les femmes handicapées.
Quels sont les objectifs de FDFA ?
L'association FDFA a été crée en 2003 car je me suis aperçue, par mon environnement proche, que les femmes handicapées vivaient un double handicap. Celui d'être femme, avec les discriminations de salaires, de santé et autres. Et celui d'être en situation de handicap. Quand ce sont des femmes handicapée de couleur, elles vivent un triple handicap.
Notre phrase forte, c'est « Etre citoyenne avant tout. ». Nous sommes des citoyennes à part entière, mais aussi des mères de famille et des professionnelles. Notre handicap vient prendre place dans notre singularité. J'attache une grande importance à ce terme « personne en situation de handicap » ou « personne handicapée ». Et non pas les handicapés ! Souvent, les journalistes emploient ce terme, mais nous ne sommes pas des adjectifs qualificatifs.
Nous avons été des pionnières à aborder ce sujet de la citoyenneté pour les personnes en situation de handicap. Nous avons été l'association phare pour les personnes handicapées. Ici, on défend l'idée que la singularité et la diversité sont une richesse pour tous. Et les personnes handicapées sont donc une richesse pour la société.
Vous êtes une association féminine qui accorde une grande place aux hommes. Pourriez-vous nous expliquer comment ?
Beaucoup d'hommes défendent les femmes. Ceux de l'association sont des hommes super. Il n'était pas question des les exclure. Avant, il y a avait deux hommes au Conseil d'administration. Mon association a été crée par mon couple, plus que par moi. Et nous sommes une association qui lutte contre les discriminations ; nous n'allons pas exclure les hommes. »
